Résultat de l’enquête régionale « Les incidences de la pandémie de COVID-19, sur l’économie du spectacle vivant »


 

Le secteur du spectacle vivant se construit, pour la région Bretagne, autour de 910 personnes morales sachant qu’un établissement peut être amené à couvrir différentes activités et gérer en même temps un lieu, un festival et/ou bien encore un bureau de production ou d’accompagnement d’artistes (ex. : L’Aire Libre/festival Mythos/Le CPPC). Dans le contexte de crise sanitaire liée à la COVID-19 (entre les 31 mars et 31 mai 2020), nous avons mis un questionnaire à disposition des structures professionnelles du spectacle vivant de la région Bretagne. Nous avons collecté 132 réponses (majoritairement des équipes artistiques). Notre enquête a donc valeur « d’échantillonnage » et représente 14% du total des structures du spectacle vivant en région.

Quelques axes d’analyse et données chiffrées :

      • En termes d’impacts budgétaires :

Pertes cumulées constatées et ou estimées s’établissent à 9 350 832 € dont 75% sont constituées par la perte de ressources propres.
1 620 000 € de charges et frais constatés et ou estimées et non couvertes (70% relevant des salaires et cotisations).
Au total 11 031 535 € d’impact budgétaire que l’on pourrait, en le multipliant par 10, estimer à une somme de près de 100 000 000 € pour la seule région Bretagne.

      • Concernant l’emploi :

Pour ces 132 structures : 2718 salarié·e·s impacté·e·s. Près de 80% dépendent du régime de l’intermittence du spectacle et, très majoritairement, des artistes (déjà ⅓ du nombre total de nos salariés en région).
Dans cette enquête, 2037 contrats relevant du régime de l’intermittence ont été annulés sans être payés, 65% sont des contrats d’artistes.

      • Enfin les annulations (et reports) de représentations et de diffusion de spectacles :

En France (dont Bretagne) et à l’étranger : 1257 dates annulées à ce jour côté équipes artistiques/bureaux de production et/ou d’accompagnement. (44% relevant des disciplines théâtre/théâtre d’objet et marionnettes, 30% musiques).
La solidarité professionnelle à plutôt bien fonctionné puisque 84% de ces annulations seront, a priori, reportées. Par contre, seuls 15% de ces reports pourront ou ont bénéficié d’une contrepartie financière.
En Bretagne : 933 dates annulées pour les structures de programmation, dont festivals.

Cela fait évidemment écho aux contrats d’intermittents annulés non payés et aux charges et frais supplémentaires constatés

Un focus sur une activité qui échappe à notre questionnaire, celle concernant La situation des fest-noz et fest-deiz au 11 mai, sur la base des données recueillies par Tamm-Kreiz et synthétisées par Spectacle vivant en Bretagne :

En Bretagne & Loire-Atlantique :

      • 426 fest-noz et fest-deiz annulés entre mars et août, dont 32 en Loire-Atlantique
      • 187 annoncés comme annulées pour juillet, août et septembre, dont 11 en Loire-Atlantique
      • 580 dates sans doute prévues (donc potentiellement annulées) mais non annoncées, estimées par rapport aux chiffres sur la même période en 2019

Soit un total estimés de 1 229 fest-noz et fest deiz annulés entre mars et septembre pour les 5 départements, environ 1160 pour la Bretagne administrative. A ce jour, seulement une dizaine ont été reportés à l’automne.

      • Le coût moyen des dépenses (salle, artistes, sono) par fest-noz est de 3 000€, hors buvette. On peut donc évaluer à environ 3,5 millions € le manque à gagner sur cette période de ceux qui bénéficient de ces dépenses en Bretagne.
      • Le nombre moyen d’artistes par fest-noz est de 13. Ce sont donc environ 15 000 personnes qui auraient dû jouer ou chanter dans ces fêtes entre mars et septembre en Bretagne. Parmi elles, une grande partie joue en amateur. Si on l’estime à 50%, ce sont 7 500 cachets qui n’auront pas été versés aux artistes.
      • En estimant que la moitié des organisateurs font appel à un·e technicien·ne professionnel·le, ce sont environ 600 cachets de technicien·nes qui n’auront pas été versés.

En conclusion provisoire, les coûts, impacts et dégâts concernent pour l’essentiel la question de l’emploi (80% du coût du spectacle vivant sont constitués par les salaires et cotisations afférentes).

Il nous semble essentiel de permettre au plus vite aux équipes artistiques d’effectuer leur retour au plateau pour permettre, en lien avec les équipes de ces espaces de diffusion, d’adapter, de renouveler, voire d’inventer les relations aux populations et à nos territoires.

► Spectacle vivant en Bretagne : Enquête régionale « Les incidences de la pandémie de COVID-19,sur l’économie du spectacle vivant » pour la période du 1er mars au 30 juin 2020 (données recueillies du 31 mars au 31 mai 2020) – juillet 2020