Spectacle vivant en Bretagne, établissement public de coopération culturelle fondé par la Région Bretagne et l’État – ministère de la Culture / DRAC Bretagne, publie les résultats de la troisième édition de son Baromètre régional du spectacle vivant.  Réalisée entre mai et juin 2026 auprès de 100 équipes artistiques, 14 bureaux de production et/ou d’accompagnement et 59 structures de programmation (salles & festivals), cette enquête annuelle offre une photographie des réalités économiques et professionnelles du secteur en Bretagne.

Les résultats de cette édition révèlent une dégradation particulièrement préoccupante des conditions de diffusion des œuvres et des équipes artistiques bretonnes.

Une chute brutale de la diffusion : -44 % en une saison
La principale alerte concerne l’effondrement de l’activité de diffusion. Pour la saison 2026-2027, les équipes artistiques interrogées totalisent 1 482 dates confirmées, contre 2 667. Cette baisse de 44,4 % en une seule saison confirme et amplifie la tendance observée l’an dernier. La médiane s’établit désormais à huit représentations par équipe, tandis que plus d’une équipe sur deux dispose de dix dates ou moins. Cette contraction affecte l’ensemble des disciplines du spectacle vivant et fragilise directement les conditions de production, la viabilité économique des créations et l’emploi artistique.

Structures de programmation : une stabilité relative sous tension
Du côté des structures de programmation, la situation apparaît dans un premier temps plus stable. Le nombre de représentations programmées recule de 5,6 % seulement. Toutefois, cette relative stabilité masque des tensions profondes. Les investissements consacrés aux coproductions, qui constituent un levier essentiel de soutien à la création, diminuent en moyenne de 4,8 %, avec un recul particulièrement marqué au sein des scènes nationales. L’augmentation des coûts, la concentration des moyens financiers et la réduction des capacités d’engagement fragilisent progressivement les équilibres économiques des structures comme ceux des équipes artistiques.

Une dynamique de création toujours forte, mais en manque de financement
Malgré ce contexte tendu, la création demeure particulièrement active en Bretagne. Cinquante-sept équipes artistiques (sur 100) déclarent préparer une nouvelle création pour la saison 2026-2027. Cette vitalité artistique se heurte cependant à des difficultés croissantes de financement. À ce jour, seules huit productions disposent d’un plan de financement entièrement sécurisé. Plus de 1,23 million d’euros restent encore à réunir pour permettre l’aboutissement des projets annoncés. L’enquête montre également que les créations récentes ne bénéficient plus d’un avantage significatif en matière de diffusion, traduisant un resserrement durable des opportunités de circulation des œuvres.

Emploi : une érosion silencieuse des fonctions structurantes
Près d’une équipe sur quatre déclare avoir procédé à un licenciement ou à un non-renouvellement de poste au cours de la période récente. Ces suppressions concernent principalement les fonctions administratives, de production et de diffusion, pourtant essentielles à la structuration des équipes et au développement des projets artistiques.

La liberté de programmation, un enjeu croissant
11,9% des structures interrogées signalent des pressions exercées sur leurs choix de programmation artistique, qu’elles émanent d’élus, d’instances de gouvernance ou de groupes politiques.

La crise actuelle affecte ainsi non seulement les moyens financiers et l’emploi, mais également les conditions d’exercice de l’autonomie artistique

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