Introduction
L’année 2025 n’a pas été, pour Spectacle vivant en Bretagne, une simple année de continuité. Après 2024, première année pleine de mise en œuvre de notre projet d’établissement, nous avons confirmé que la transformation engagée depuis 2023 n’était pas un simple changement de méthodes, mais une réaffirmation de notre rôle d’établissement public au service du spectacle vivant breton, agissant au croisement des politiques publiques et des réalités professionnelles, dans une posture de trait d’union utile, sans surplomb, entre équipes artistiques, structures de programmation, réseaux et partenaires publics.
Cette année s’est déployée dans un contexte particulièrement exigeant. Au fil des mois, un constat s’est imposé : la diffusion se contracte, les équilibres économiques des équipes artistiques comme des lieux se fragilisent, et les capacités d’action sont de plus en plus contraintes par la hausse des coûts, la tension sur les financements publics et la dégradation générale des conditions de production. Les résultats de l’édition 2025 de notre Baromètre régional du spectacle vivant ont confirmé une tendance à l’œuvre depuis 2023, en documentant un recul toujours plus important du nombre de représentations et des signaux préoccupants du côté des budgets, de l’emploi et de la liberté de programmation. Ce que 2025 a révélé, l’entrée dans 2026 n’a fait que le confirmer. Dans ce paysage durablement instable, nous avons voulu rester au plus près des réalités et mener des actions toujours lisibles et utiles.
Nous avons ainsi poursuivi le travail engagé sur tous nos outils d’intervention. Les aides financières réformées en 2024 ont trouvé en 2025 leur pleine inscription dans nos pratiques, avec une ambition claire : mieux accompagner les parcours, mieux objectiver les soutiens, et toujours mieux articuler notre action avec celle de la Région Bretagne et de la DRAC Bretagne. Mais 2025 aura surtout été l’année où nous avons montré qu’une agence publique comme la nôtre ne vaut pas seulement par les dispositifs qu’elle met en place : elle vaut par sa capacité à protéger les objectifs d’intérêt général qu’ils poursuivent. La création de «Tournées Grand Ouest», en réponse au désengagement de la région Pays-de-la-Loire de tous les processus de coopération interrégionaux, en est une illustration. En imaginant, en un temps très resserré, un nouveau dispositif succédant à «Avis de Tournées», nous avons réussi à préserver l’essentiel : la possibilité pour les œuvres et pour les équipes, grâce à notre aide, de circuler dans des conditions plus cohérentes, plus lisibles et plus soutenables.
L’année 2025 a également confirmé la pertinence de la réorganisation de nos actions d’accompagnement et de mise en visibilité. Nous avons continué à sortir d’une logique de rendez-vous isolés pour construire de véritables parcours. Le KerLab s’est affirmé comme un espace structurant, itinérant et reconnu, destiné aux professionnel·les émergent·es, avec une attention portée à des enjeux aussi décisifs que l’écosystème de la diffusion, la production, les conditions de travail, les relations avec les réseaux de programmation ou encore les transitions. L’enquête menée en 2025 auprès des participant·es des deux premières saisons a confirmé la force de ce dispositif. Dans le même mouvement, nos temps de visibilité ont poursuivi leur évolution : à travers les festivals, les temps forts et les coopérations, il ne s’agit plus seulement de montrer des projets, mais d’ouvrir un dialogue exigeant entre artistes, œuvres, trajectoires et programmateur·rices. De Méliscènes à Mythos, de Quimper à Avignon, nous avons cherché à faire de chaque rendez-vous un moment utile, capable de produire des suites concrètes pour les participant·es.
Cette même logique a guidé notre travail de coopération. Dans un environnement profondément recomposé, nous avons choisi de privilégier des alliances opérationnelles et fécondes. Le tandem avec l’ODIA Normandie a continué à se renforcer, à travers des formats anciens et nouveaux mais surtout immédiatement bénéfiques pour les artistes et les programmateur·rices. Notre dialogue avec l’ONDA s’est concrétisé par de nouveaux chantiers communs, notamment autour des Exploratoires. La Collaborative a poursuivi son travail, malgré les disparitions de deux agences culturelles régionales, et nous avons continué à y défendre une vision de la coopération comme condition de robustesse collective. Sur le plan international, enfin, nous avons consolidé des partenariats essentiels, en particulier avec l’Institut français et le CNM, tout en poursuivant le développement de Welcome to Bretagne, désormais installé comme un rendez-vous structurant de visibilité et de mise en relation à l’échelle internationale.
2025 a aussi été une année de clarification de nos ambitions en termes de politique publique culturelle. Avec la poursuite du Baromètre, le développement des webinaires, la mise en circulation de ressources plus nombreuses, mais aussi avec le travail de prospective effectué en interne à la demande de nos partenaires publics, nous avons cherché à mieux armer l’action publique et le dialogue professionnel. Un établissement comme le nôtre ne peut se contenter d’agir : il doit aussi observer, documenter, mettre en discussion et penser l’avenir. La prospective engagée en 2025 n’a pas été un exercice abstrait. Elle a prolongé une conviction simple : SvB doit demeurer un outil d’action publique partagé, souple et robuste, capable de rester à la fois un tiers de confiance, un espace de coopération et un laboratoire des transitions.
Dans le même temps, 2025 a rappelé avec force qu’aucune transformation ne tient durablement sans une équipe solide et sans une vigilance constante sur les conditions concrètes d’exercice des missions. Dans un contexte budgétaire de plus en plus contraint, nous avons continué à faire le choix d’une grande exigence dans l’usage des moyens publics, d’une sobriété organisationnelle assumée et d’un haut niveau d’engagement au service du secteur. Cette capacité d’adaptation a permis d’absorber la contrainte sans rupture. Mais elle ne doit pas masquer la réalité : le maintien d’un service public culturel de qualité suppose, dans la durée, des moyens à la hauteur des missions confiées et 2025 aura également été une année où, malgré la confiance témoignée par nos partenaires publics, leurs contributions financières auront subi une baisse.
Ce rapport d’activité rend compte de cette année 2025 dans toutes ses dimensions. Une année difficile, mais enthousiaste. Une année incertaine où nous avons cherché à rendre l’action publique toujours plus utile, toujours plus coopérative et toujours plus juste. À l’heure où le spectacle vivant a plus que jamais besoin de repères, d’outils partagés et de solidarités, Spectacle vivant en Bretagne entend continuer à prendre toute sa part. Avec exigence. Avec méthode.
Et, malgré tout, avec enthousiasme. Ensemble.
Xavier Henry
Directeur de Spectacle vivant en Bretagne
➤ 244 sessions de travail menées par nos conseillères dont 49,7% avec des artistes ou structures d’accompagnement, 32,3% avec des lieux de diffusion et festivals et nos partenaires de réseaux professionnels 18% avec des partenaires publics.
➤ 346 spectacles ou travail en cours vus par notre équipe, dont 47,35% présentés par des équipes bretonnes. 60,40% des spectacles vus l’ont été dans des salles ou festivals du territoire breton.
➤ 266 représentations soutenues pour 44 projets artistiques bretons aidés via l’un de nos 5 dispositifs d’aides financières et pour un montant total de 231 796 €
➤ + de 70 structures culturelles partenaires dont 85% en Bretagne (instances, lieu d’accueil et de co-construction de nos rendez-vous, membres des réseaux)
➤ + de 700 professionnel·les du secteur rencontré·es lors de nos activités en 2025









